En dépit du succès des programmes de conservation de l'espèce ces dernières années, des problèmes persistent.
Les facteurs principaux contribuant à la perte d'habitat et à sa fragmentation, soit la menace la plus importante qui pèse sur le panda, sont :
- la conversion des forêts en zones agricoles.
- la collecte de plantes médicinales.
- la moisson du bambou.
- le braconnage.
- les activités de développement à grande échelle telles que la construction de routes, le développement hydro-électrique et les activités minières.
Le commerce illégal de la vie sauvage ainsi que le phénomène de mort naturelle du bambou constituent également une menace.
Enfin, en raison de la croissance et de la densité importantes de la population chinoise, de nombreuses populations de pandas se retrouvent isolées dans des ceintures de bambous étroites ne dépassant pas 1,2 km de largeur.
Le bambou, source de nourriture unique du panda, se développe seulement entre 500 et 3100 mètres d'altitude et une paire de pandas nécessite au minimum 30 km² d'habitat.
Une grande partie de l'habitat initial du panda a disparu au profit de zones agricoles si bien que la majeure partie de l'habitat est maintenant confiné au-dessus de 1400 mètres d'altitude. Cet habitat restreint doit par ailleurs subir la pression des activités humaines.
Une surface importante de l'habitat montagneux du panda, riche en bambou, a également disparu avec l'exploitation forestière. Dans la seule province du Sichuan, il s'est rétréci de 50% entre 1974 et 1989. Le gouvernement chinois a banni l'exploitation forestière dans l'habitat du panda en 1998.
Enfin, de grands espaces naturels forestiers dans l'habitat du panda ont été dégradés par la récolte de bois de construction, l'agriculture, la récolte de bois pour le chauffage et la cuisine, la construction d'infrastructures permettant de faire face à la croissance de la population et par le développement de l'hydro-électricité.
Il y a 3 millions d'années, le royaume du grand panda s'étendait de l'est de la Chine au nord de la Birmanie. Aujourd'hui, cet habitat est réduit aux monts Qinling au Shaanxi, et aux monts Minshan, Qionglai, Liangshan et Xiangling au Sichuan.
En 2004, un nouveau recensement a permis de dénombrer 1600 pandas à l'état sauvage, soit 40% de plus que le comptage réalisé en 1980. Ces nouveaux résultats font suite à une étude de 4 ans sur le panda et son habitat, étude menée conjointement par le WWF et l'Administration d'État chinoise des forêts.
Cette même étude a également fourni aux scientifiques des informations précises sur la répartition des pandas et l'état des forêts de bambous dont ils dépendent. Le recensement a permis de découvrir la présence de pandas dans des secteurs où l'on pensait l'espèce absente mais il a aussi pointé des menaces sur la survie à long terme des pandas, plus particulièrement la déforestation et la poursuite du braconnage.
Après un état des lieux des menaces qui pèsent encore sur la survie du panda, nous verrons quelles solutions sont envisagées pour renforcer la protection de l'espèce.
1. Menaces
En dépit du succès des programmes de conservation de l'espèce ces dernières années, des problèmes persistent.
Les facteurs principaux contribuant à la perte d'habitat et à sa fragmentation, soit la menace la plus importante qui pèse sur le panda, sont :
- la conversion des forêts en zones agricoles.
- la collecte de plantes médicinales.
- la moisson du bambou.
- le braconnage.
- les activités de développement à grande échelle telles que la construction de routes, le développement hydro-électrique et les activités minières.
Le commerce illégal de la vie sauvage ainsi que le phénomène de mort naturelle du bambou constituent également une menace.
Enfin, en raison de la croissance et de la densité importantes de la population chinoise, de nombreuses populations de pandas se retrouvent isolées dans des ceintures de bambous étroites ne dépassant pas 1,2 km de largeur.
1.1. Perte d'habitat
Le bambou, source de nourriture unique du panda, se développe seulement entre 500 et 3100 mètres d'altitude et une paire de pandas nécessite au minimum 30 km² d'habitat.
Une grande partie de l'habitat initial du panda a disparu au profit de zones agricoles si bien que la majeure partie de l'habitat est maintenant confiné au-dessus de 1400 mètres d'altitude. Cet habitat restreint doit par ailleurs subir la pression des activités humaines.
Une surface importante de l'habitat montagneux du panda, riche en bambou, a également disparu avec l'exploitation forestière. Dans la seule province du Sichuan, il s'est rétréci de 50% entre 1974 et 1989. Le gouvernement chinois a banni l'exploitation forestière dans l'habitat du panda en 1998.
Enfin, de grands espaces naturels forestiers dans l'habitat du panda ont été dégradés par la récolte de bois de construction, l'agriculture, la récolte de bois pour le chauffage et la cuisine, la construction d'infrastructures permettant de faire face à la croissance de la population et par le développement de l'hydro-électricité.
Avec l'exploitation forestière, de larges espaces dans l'habitat du panda ont été perdus © WWF
1.2. Fragmentation et isolement des populations
L'habitat du panda est cassé en 20 poches isolées dispersées dans les provinces du Shaanxi, du Gansu et du Sichuan et de nombreuses populations de pandas sont isolées dans des ceintures étroites de bambous ne dépassant pas 1 000 à 1 200 mètres de largeur.
Dans ces fragments d'habitats, un réseau de réserves naturelles offre une protection renforcée pour une grosse moitié de la population totale de pandas.
Cependant, les pandas ne pouvant pas migrer entre ces blocs d'habitats, ils ont moins de flexibilité pour trouver de nouvelles zones d'alimentation lors des épisodes périodiques de mort du bambou. Rappelons que ce phénomène se produit tous les 15 à 120 ans selon les espèces de bambous.
Par exemple, en 1983, les bambous ont fleuri massivement. Or, ces curieuses graminées ne fleurissent qu'une fois, puis elles se dessèchent et meurent. Ensuite, il faut attendre des mois, parfois des années, pour que les nouvelles pousses, surgies de terre, forment une nouvelle bambouseraie. Par exemple, tous les bambous flèches du monde fleurissent à 60 ans. Puis ils se dessèchent. Les nouvelles pousses n'apparaissent que 5 ans plus tard. C'est pourquoi des pandas furent retrouvés à 3500 m d'altitude, mourant de faim. Transportés dans des réserves, ils récupérèrent leurs forces grâce à de grosses gamelles de porridge, des pommes, des carottes et de bonnes rations de bambous.
Pour en savoir plus : Cycle du bambou et conséquences pour le panda
Cette fragmentation du territoire rend également plus difficile la reproduction. Rappelons que les femelles ne sont en chaleur que deux ou trois jours par an et qu'elles sont solitaires. Elles doivent absolument trouver un partenaire pendant ce court laps de temps. Or plus les populations sont isolées entre-elles, plus cette recherche devient difficile et plus la rencontre entre adultes reproducteurs est rare.
C'est ainsi que les petites populations isolées font également face au risque de consanguinité (les individus qui se croisent ont un lien de parenté), ce qui aboutit peu à peu à un appauvrissement génétique entraînant ainsi une résistance amoindrie aux maladies, une plus faible adaptabilité aux changements environnementaux et des problèmes liés à la reproduction.
Ce phénomène est à relativiser tout de même. En effet, une étude menée récemment, qui fit appel à différentes techniques d'identification génétique, analysa la diversité des gènes au sein de trois groupes de pandas sauvages dans les montagnes de Qinling, Minshan et Qionglai. L'étude avait également pour objectif de vérifier si des preuves de séparation génétique récente pouvaient être mises en évidence. D'un point de vue strictement génétique, les résultats de cette étude sont plutôt rassurants, puisqu'ils ont indiqué que les pandas ont conservé jusqu'ici la majorité de leur diversité génétique dans chacun des groupes considérés.
Cependant, la consanguinité pourrait devenir un problème sérieux si la fragmentation de l'habitat devait se poursuivre.
Enfin, la mortalité élevée des bébés, qui ne pèsent que 100 grammes environ à la naissance, est un facteur aggravant.
Il est donc indiscutable que la probabilité d'extinction du panda est accentuée si les populations de pandas restent isolées les unes des autres.
1.3. Pandas et populations humaines, des besoins souvent contradictoires
Des peuples ont partagé pendant des siècles l'environnement avec les pandas et se sont limités aux ressources naturelles de leur secteur pour leur survie. Avec la croissance démographique, de nombreuses activités humaines en opposition avec un développement durable ont sensiblement érodé l'habitat du panda.
Des millions de personnes vivent à l'intérieur et autour de l'habitat du panda dont un bon nombre dans les villes de Xi'an et Chengdu. Avec l'augmentation des activités économiques, de plus en plus de personnes continueront à se déplacer, ajoutant ainsi un peu plus de pression sur un écosystème déjà affecté.
Développement économique et touristique
Quand l'exploitation forestière a été interdite dans l'habitat du panda en 1998, de nouvelles menaces ont émergé. L'activité minière, le développement de l'hydro-électricité et le tourisme ont augmenté pour compenser la perte de revenus due à l'interdiction de l'exploitation forestière.
Ces activités, auxquelles s'ajoutent l'agriculture et la construction de routes, ont remplacé l'activité commerciale liée à l'exploitation forestière comme principales menaces portées aux forêts et à la faune dans le secteur.
Des réserves naturelles inefficaces...
Malgré un nombre important de réserves naturelles dans l'habitat du panda, les programmes de gestion étant quasi-inexistants dans le passé, l'intégrité écologique de ces secteurs a continué à diminuer en raison notamment de l'exploitation forestière illégale et du braconnage.
En effet, la plupart des réserves manquent d'objectifs clairs et précis en ce qui concerne la conservation de la nature. Les standards de gestion dans les "bonnes" réserves sont souvent statiques, et les infrastructures existantes souvent déficientes.
Un manque de connaissance sur la conservation de la nature, de même qu'un manque de moyens pour mettre en pratique à tous les niveaux les politiques adoptées, sont les causes profondes expliquant la gestion déficiente dans les réserves. Les tâches sont souvent attribuées sans qu'il soit tenu compte de l'intérêt ou de la motivation des agents concernés. La formation est souvent inexistante, et en général peu appropriée.
Coupes illégales dans la réserve de Wolong, Sichuan, Chine. © WWF
...menant à des récoltes illégales...
Dans les monts Minshan, il y a plus de 5000 espèces de plantes et 75% sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Ces montagnes abritent également 300.000 personnes, qui pour la plupart sont pauvres, et qui comptent beaucoup sur la collecte de plantes médicinales pour augmenter leurs revenus. Cette récolte perturbe l'habitat du panda et conduit à l'extinction des espèces locales de plantes.
...et au braconnage
Le braconnage de pandas existe toujours et même s'il reste faible, il peut avoir des conséquences graves pour une espèce en voie de disparition. Les braconniers encourent une peine de prison de 10 ans et bien qu'il soit rare que des braconniers tuent intentionnellement un panda, les pandas se trouvent blessés ou tués dans des pièges prévus pour d'autres animaux comme le cerf porte-musc ou l'ours noir.
En 1988, les autorités chinoises ont récupéré les peaux de 46 pandas géants dans la province du Sichuan et enquêté sur 115 transactions illégales concernant des peaux de pandas. Plus de 70 pièges furent détruits sur le flanc d'une seule colline par les gardes de la réserve naturelle de Wolong au cours d'une patrouille de l'année 1992. Après l'entrée en vigueur du moratoire sur l'abattage des arbres en 1998, on constata une recrudescence du braconnage dans certains comtés. Il s'agit probablement d'une réaction des villageois à la recherche de sources de revenus de remplacement.
Lors d'une opération anti-braconnage menée au début de l'an 2000, les gardes trouvèrent un panda mort dans un piège installé par des braconniers.
Les médias chinois ne se montrent pas avares en informations concernant les sentences infligées aux braconniers. Durant les quatre premiers mois de 1999, la police confisqua six peaux de pandas géants et en 1998, un paysan chinois fut condamné à vingt ans d'emprisonnement pour avoir tué trois pandas et vendu les peaux.
Des restes d'animaux braconnés dans la réserve de Wanglang,
province du Sichuan, Chine. © WWF
2. Solutions
Depuis 1980, le WWF est actif pour assurer la conservation du panda géant et il a été la première organisation internationale à travailler en Chine à l'invitation du gouvernement chinois.
Le premier travail de terrain a consisté à étudier l'écologie et le comportement des pandas sauvages.
Le travail actuel se concentre sur les Monts Minshan dans les provinces du Sichuan et du Gansu et sur les monts Qinling dans la province du Shaanxi.
Les solutions dans ces aires d'étude portent sur :
- la création de nouvelles réserves naturelles.
- la création de corridors verts pour relier des fragments d'habitat isolés.
- des patrouilles pour lutter contre le braconnage et l'exploitation forestière illégale.
- l'implantation d'entités locales pour la gestion des réserves naturelles.
- la poursuite des recherches et de la surveillance.
es actions à venir pour protéger efficacement le panda s'articulent autour des points suivants :
- Restauration de l'habitat : création de nouveaux corridors, reboisement de zones, création de nouvelles réserves.
- Restauration et gestion de la population : dépend fortement de la restauration de l'habitat qui doit conduire à une rencontre entre groupes de pandas isolés. Des groupes plus importants et plus viables contribueraient de façon considérable à assurer l'avenir à long terme de l'espèce.
- Lutte anti-braconnage à laquelle doit être associée la participation des communautés locales, particulièrement en dehors des zones officiellement protégées.
- Surveillance, recherche scientifique et bases de données : des outils pour des décisions adéquates : pour prendre de bonnes décisions en matière de gestion, il faut disposer d'informations scientifiques récentes et régulièrement mises à jour.
- Renforcement des réserves à pandas et des autres zones protégées existantes.
- Formation du personnel des réserves naturelles.
- Participation des communautés locales : plutôt que de subir la présence des pandas, les communautés locales doivent pouvoir en retirer des avantages économiques.